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La quête
Il était une fois un maître qui recevait des personnes qui souffraient. On venait de partout pour passer quelques heures avec lui. On disait qu’il faisait disparaître la souffrance (toutes les sortes) : anxiété, absurdité de la vie, dépression, troubles conjugaux, rituels malsains, épuisement professionnel, phobies, peurs, angoisses, manque de concentration, idées bizarres, stress, compulsions désordonnées. Sa réputation dépassait les frontières de son pays et l’on croyait beaucoup à sa force d’extirper le mal. On ne savait pas trop comment cela se passait mais, parait-il, cela marchait. Il acceptait des gens de toutes conditions, pauvres comme riches, beaux et laids, arrogants ou humbles, fanatiques et amorphes. Cela semblait merveilleux.
Un jour, comme à tous les jours, très tôt le matin il emmène avec lui une trentaine de personnes et, avec un sac au dos, chacun et chacune sont invités à gravir une montagne de plusieurs centaines de mètres. Ce n’est qu’au début de l’après-midi qu’enfin, exténués et ravis à la fois, ils arrivent presque au but de la randonnée. Ils réalisent qu’ils se trouvent sur une sorte de plateau, près de la cime. Là, au milieu, seul, apparaît un énorme et majestueux arbre, sans feuille, à l’immense tronc, enraciné au sol probablement depuis de très nombreuses années. Le maître leur dit : ‘ Nous sommes presque rendus au but, ne désespérez pas’.
Quelques instants après il leur dit : ‘Déposez votre sac au sol et ensuite faites le tour de l’arbre, lentement’. Tous s’exécutent avec joie et circulent autour de cet arbre très impressionnant. Il poursuit un peu plus tard et les invite cette fois à déposer leur souffrance aux branches sans feuilles. Soulagés enfin de pouvoir se défaire des souffrances les plus pénibles longtemps endurées, ils continuent à circuler autour de l’arbre, calmement, mais cette fois allégés. Ils voient alors toutes les souffrances du monde, dégoulinantes, aux odeurs pestilentielles, qui pendent jusqu’au sol, hideuses, repoussantes, à faire vomir presque.
Le maître leur dit :’Maintenant, parmi toutes les souffrances du monde que vous voyez et dont vous sentez tous les désespoirs, de toutes ces souffrances, choisissez-en une, une seule et ensuite, nous redescendrons au bas de la montagne…
Quelques instants plus tard, chacun reprend sa propre souffrance et descend plus léger…
Inspiré de S. Kropp, ‘If you meet the bouddha on your road, kill him’.
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